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La paperasse, on aime ça au Québec!


http://www.journaldequebec.com/2016/10/01/lintouchable-bureaucratie

Les manifestations contre l’austérité n’étaient qu’une imposture. La bureaucratie n’a pas souffert de l’austérité; la Protectrice du citoyen l’a confirmé jeudi.

Si les bureaucrates ont souffert de quelque chose, c’est de leur déception devant les augmentations salariales consenties par le gouvernement Couillard.

Au Québec, il est de bon ton de souligner que l’austérité a fait mal aux plus vulnérables. Sans trop insister sur ceux qui y ont échappé. Ainsi est-on politiquement correct.

Dans les faits, les compressions budgétaires n’ont pas affecté les employés de l’État. L’essentiel a été sauvegardé: horaires flexibles, assurance salaire, sécurité d’emploi et retraite à 70 % des meilleures années.

Le double standard public/privé est intact malgré les défis que posent la démographie, l’endettement collectif et la réalité économique mondiale.

Bureaucratie

Le rapport de la Protectrice du citoyen note que les compressions budgétaires nécessaires pour parvenir à l’équilibre budgétaire ont affecté les vieux, les malades, les handicapés.

Raymonde Saint-Germain presse donc à nouveau le gouvernement «d’intensifier ses efforts pour réduire la bureaucratie». Voilà des mots qu’on n’entend plus, même au sein du gouvernement Couillard.

Bien sûr, les libéraux y ont pensé en début de mandat. Il y a même une commission de révision des programmes. On révise, mais on se garde bien de soustraire.

Mme Saint-Germain a aussi déploré le «travail en vase clos» des ministères. Ils ont tous leurs petites manies. Ils multiplient les rapports, les formulaires et les contrôles. Ce n’est pas involontaire, ça justifie les effectifs...

«On le déplore depuis des années, des ministères et des organismes publics posent aux citoyens des exigences parfois contradictoires sans bien harmoniser leurs services et leurs actions dans une logique de simplification et de réponse efficace aux besoins», lit-on dans le rapport de la Protectrice.

Le fouillis est un droit acquis. L’État y trouve son bonheur et les syndicats, des cotisants à l’infini.

Régies, agences, commissions, conseils, fondations, instituts, offices, secrétariats, tribunaux, l’administration publique fait tache d’huile et l’embauche est à l’avenant.

Il ne faut pas se surprendre de nos sempiternelles difficultés budgétaires. Jeter un coup d’œil sur les finances publiques du Québec, c’est se mettre au chevet d’un mourant. La synthèse des opérations financières prend l’allure d’un diagnostic.

Partage de la richesse

Le dernier bulletin des Finances, la synthèse des opérations financières, montre que les revenus tirés des impôts et des taxes sont en forte hausse. Mais la consommation des ménages est à plat...

De toute évidence, le partage de la richesse sert ceux qui ont besoin de la vôtre...

Certains travaillent très fort pour nous faire croire à son indispensable utilité. À gauche, évidemment, sur les plateaux des télés d’État et jusque dans les pages littéraires du Devoir où l’on mène une guerre «bébête» au capitalisme.

En réalité, il y a un accaparement de la richesse collective par une minorité bien organisée, omniprésente dans les médias comme dans les rues.

Dans la Belle Province, le vampire, c’est l’État. Plus avide que Walmart et plus gourmand que Shell. C’est le legs de la Révolution tranquille.

Il n’y a qu’à regarder les chiffres et à les comprendre de la bonne manière. Ça ne sert à rien de se fier aux supposés instituts du clergé syndical: ils ne veulent pas votre bien, mais vos impôts...

Ils invoquent le «partage», mais sans insister sur ceux qui en profitent. Mais on les connaît aussi, n’est-ce pas?

La santé est kafkaïenne, l’éducation médiocre et les infrastructures en ruines. Pourtant, selon les plus récents documents officiels, les administrations publiques ont collecté 157 milliards de taxes et d’impôts au Québec en 2014.


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